Le gouvernement confirme son choix d'une politique de développement rural « au rabais », au détriment des agricultures paysannes et durables.
Le Ministère de l'Agriculture finalise le futur programme de développement rural hexagonal (PDRH 2007-2013), dans un contexte de pénurie
des fonds communautaires (-16%).
Le discours officiel met en avant la volonté de l'État de renforcer, par ces mesures et grâce à un budget de 12 milliards d'euros, la
dynamique des territoires ruraux et la protection de l'environnement.
Des moyens en plus pour l'industrialisation de l'agriculture
Pour la Confédération paysanne, le gouvernement, fidèle aux orientations de la Loi d'orientation agricole, fait le choix de préserver les
intérêts de la frange industrielle de l'agriculture qui trouve aujourd'hui les moyens supplémentaires d'accéder à certaines aides comme par
exemple, le Plan Végétal pour l'Environnement, l'aide aux industries agroalimentaires ou les mesures de soutien à la mise en place de retenues
collinaires ou de substitution.
Installation
L'objectif affiché par le Ministère, 6000 installations par an, manque d'ambition au regard des besoins de renouvellement. Le chiffre de
10 000 par an permettrait déjà de prendre en compte les 40% de paysans, paysannes qui s'installent hors dotation chaque année. De plus, la
nécessaire reconnaissance de l'installation comme mesure nationale ne doit pas pénaliser les régions dans la mise en place de leurs propres
dispositifs.
Politique agro-environnementale
L'Etat se désengage au profit des Agences de l'eau qui financent les M.A.E à hauteur de plus de 500 millions d'euros sur les 860 millions
engagés, pour à peine 20% du territoire. Les dispositifs Natura 2000 (11% de surface) auraient pu être financés dans un autre cadre.
Au total, ce zonage fait que 70% du territoire restant risque d'échapper aux mesures agro-environnementales sauf moyens et volonté dans
les régions !
Enfin, on peut douter de la volonté du gouvernement de pérenniser la politique herbagère en renationalisant et en précarisant le
dispositif PHAE.
Seule revendication de la Confédération paysanne entendue : l'éligibilité du matériel de mécanisation pour les zones difficiles et de forte
pente en montagne.
En réalité, si la France avait voulu faire du développement rural une priorité, elle aurait utilisé l'option d'un transfert des aides du
1er pilier vers le 2ème pilier de la PAC (20%), ce qui aurait permis de multiplier par trois le budget pour une autre politique, paysanne et
durable !
Alexandre Platerier, animateur régional à la Confédération Paysanne